ZAZ et Eté 67 le 17 novembre 2010 à La Cigale

Publié le par bruno

Je n'y pensais même plus et organisais ma soirée autour du match de foot Angleterre-France quand par la grâce de la fée Mélisande, une heure et demie avant l'ouverture des portes, un mail tombe. Nous sommes attendus Sofy et moi à La Cigale. Un coup de fil, n'oublie pas ton appareil, rendez-vous sur place ! Bien contents d'avoir notre entrée réservée parce qu'avec le monde qu'il y a sur le boulevard de Rochechouart je plains ceux qui se cherchent dans la file d'attente qui s'étire, qui s'étire, qui s'étire . . . Bien nous a pris d'être à l'heure aussi pour pouvoir approcher de la scène avant que la fosse ne soit envahie. Bref, alors que l'hiver pointe son nez dehors, on va se tenir chaud dedans. Pendant qu'il est encore possible de bouger je fait connaissance de la jeune Livie qui avoue 68 ans de moins que moi. Un public à l'image du lectorat de Tintin quoi, qui constitue un socle solide pour l'avenir. Yapa d'âge pour être un ZAZfan!

La scène est largement garnie, avec les instruments des deux participants à la soirée, dont les Belges d'Eté 67 qui entrent en scène sur le coup de huit heure.

Tu auras compris en regardant l'illustration que ces six-là ne vont certainement pas nous jouer du blues urbain ou du rock garage. Ils n'ont de fait rien d'underground mais sont solidement ancrés au sol, inconditionnels du country, folk et pas du tout bluesy, du vrai country quoi, auquel rien de manque, pas même l'enclume sur laquelle forger les fers des chevaux qu'on imagine les attendre rue des Martyrs.

En dignes compatriotes de Grevisse, ils chantent en Français, sur des mélodies entrainantes et forts de la qualité de leurs interprétations n"hésitent pas à "Passer la frontière" pour que le plus grand nombre puisse partager leur joyeuse équipée et apprécier les moments de la vie de ce personnage d'aujourd'hui, un peu paumé dans le siècle, qui .hante les titres de ce second album, enregistré comme en live.

Le changement de plateau est un peu long, non pas qu'il y ait tellement à sortir de scène mais parce que les branchements avec les instruments en place semblent poser des problèmes que l'on a du mal à comprendre. Enfin, ça y est, les musiciens entrent en scène sur une intro de contrebasse de Mathieu Verlot dont le volume des notes emplit la salle et nous met les oreilles en condition. On entend sa voix en coulisse "Je veux, d'l'amour, d'la joie . . ." et ZAZ apparait, petite robe noire col en V épaules nues, legging noir et baskets roses sous les acclamations. Solo de trompette, scat et déjà le public chant le refrain avec elle.

"Le long de la route" permet ensuite de mettre Bruno Pimienta en valeur à la batterie. Chaque chanson donne à chacun l'occasion de s'exprimer et dans "Ni oui ni non" une série de 4/4 entre guitare (Guillaume Juhel) et piano (Augustin d'Assignies) puis entre contrebasse et batterie est particulièrement applaudie.

D'aucuns continuent à parler de ZAZ en la comparant à Piaf. Non ! Loin de moi de dénigrer la parisienne Piaf, que la tourangelle ZAZ est capable de très bien chanter (Dans ma rue), mais elle ne chante pas du tout comme elle. Les rythmes jazzy qui l'habitent (tous ses musiciens sont issus de la mouvance jazz) sont présents dans chacune de ses chansons. Ce qui chez Piaf est noir est chez ZAZ lumière, ce qui est mélancolie chez Piaf est joie de vivre chez ZAZ. Bref, cette manie qu'on les auteurs en mal d'idées de comparer quelqu'une à quelque autre est réductrice et vexatoire pour les deux. 

Je t'avoue que j'étais impatient et un peu anxieux, après l'avoir connue dans des petites salles comme le Sentier des Halles en juin 2009, de voir comment elle serait dans une salle de 1400 personnes qui ne sont là que pour elle. La communication avec le public n'est évidemment pas la même, mais ZAZ s'exprime avec un tel naturel que tout se passe très bien, Elle appelle le temps de deux chansons deux amis latino-américains avec lesquels elle se livre à un trio avec un bonheur partagé qui fait plaisir à voir et est acclamé. Et puis il y a eu les rappels et la chanson de Raphaël qui fait polémique "Eblouie par la nuit" dont elle dit "soit on adore, soit on déteste", Ben moi j'aime pas, je trouve que ça ne correspod pas à elle ni à sa tessiture. Comme ça, on ne pourra pas dire pas que je suis partial, bien qu'inconditionnel !

Continuer à prendre du plaisir sur scène, c'est le remède du succès que je lui avais prescrit au LSDH, je constate ce soir qu'ils s'éclatent toujours autant. Pourtant elle m'avouera s'être sentie un peu coincée au début, "c'est difficile Paris tu sais". Je lui disais alors qu'elle savait merveilleusement faire chanter le public et qu'il fallait qu'elle le cultive. "Oui, et t'as entendu comme il chante bien !". Je lui confiai alors que je n'avais pas entendu le public chanter comme ça depuis Bécaud. Et celui qui avait martyrisé son fauteuil pour Gilbert un certain 15 avril 1954 à l'Olympia était le 17 novembre debout à se martyriser les jambes pour ZAZ à La Cigale. Tu as été formidable, merci pour tout Isabel !

ZAZ en photos, de la chrysalide au papillon
Le sentier des Halles par Sofymatrice
Le Réservoir par Linda D.
La Cigale par Sofymatrice

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PS. Je découvre ces quelques lignes qui prouvent qu'il n'y a qu'un Belge pour avoir autant de nez que moi !
"Alors que le chanteur prépare la sortie de son 5ème album, »pacific231 »,dont la sortie est annoncée pour le 30 août ,il aura donc trouvé le temps d’écrire  3 titres de l’album de Zaz.Il est rare que l'interprète de « caravane »joue les auteurs pour un artiste (il l’avait fait à 2 reprises pour Calogero).C’est en la découvrant sur la scène du Sentier des Halles qu’il a été séduit et l’a prise sous son aile. Depuis  ils sont devenus amis(« je suis dingue de son gamin ! »confie la chanteuse).Certains prédisent déjà qu’il pourrait l’embarquer en première partie de sa tournée cet automne,mais notre petit doigt nous dit que d’ici là,Zaz(en concert chez nous le 7 octobre au Botanique) n’aura pas besoin de son illustre parrain pour remplir les salles."      
                                                      Interview par Maxime Quentin pour ciné télé revue

 
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Publié dans Live Reports

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