Pauline Paris à La Scène du Canal le 6 novembre 2010
La pluie tenace de ce samedi d'automne n'a pas découragés les impatients de découvrir le nouveau spectacle de Pauline Paris à la Scène du Canal, puisque c'est ainsi qu'il faut maintenant appeler l'Espace Jemmapes. Confort et sono sont toujours au rendez-vous.
La salle n'est pas encore comble quand Garance entre en scène pour la première partie du concert. Tant pis pour les retardataires et merci d'être ponctuelle, malgré la perte de tes chaussures. Garance nous délivre une chansonnette gentillette,mais non innocente, sur des mélodies simples, mais pas simplettes et un accompagnement dépouillé, mais juste ce qu'il faut, d'un air mi-idiote mi-moqueuse dont on a du mal à démêler le vrai du faux et pour t'embrouiller un peu plus, telle Carmen se parle à elle-même entre chaque chanson, Elle amuse ou horripile mais ne peut laisser indifférent!Pauline Paris, collant noir, short et casquette-bob rouge délavé liseré blanc indéfinissable, nous a promis ce soir Le Grand Jeu, Section cuivres, guitare, basse/contrebasse, batterie/percussions, et autres zigouigouis, le voilà.
Un roulement de tambour, dont seuls les vrais batteurs à prise de baguette classique sont capables, accompagne l'entrée des musiciens qui un à un prennent le tempo d'"Arnold" dont Pauline a choisi de nous parler d'entrée. Rassure toi, "Y a pas mort d'homme" pour autant, il y a aussi celui qu'elle partage "Un pour deux", son "Serguey" chéri et son manager dont elle ne cesse d'implorer "Me prends pas l'chou jack" mais "When love comes around", "Champagne". Chaque morceau est l'occasion de mettre un musicien ou un autre en valeur, ce qui donne une grande variété à ce spectacle auquel on ne risque ainsi pas de s'ennuyer et où la bonne humeur de Pauline est communicative. Le tout est enlevé,joyeux, plein de qualité et se termine en point d'orgue par une "Corrida" hyper jazzy que n'aurait pas reniée Count Basie soi-même avant de nous gratifier d'un charmant duo en rappel, avec Garance toujours pieds nus.Avec le Grand Jeu, j'ai découvert une Pauline très différente de celle que j'avais surnommée "La Fréhel Du 21ème siècle", expression dont je n'aurais quand même pas imaginé que tout le monde la reprenne. Elle incarne aujourd'hui beaucoup plus et réussit, sur des rythmes qui sentent les Batignolles et Liberchies (commune belge qui vit naitre Django), cette gageure d'avoir toutes les facettes de son patronyme. Un peu Jeanne Hachette (Aux armes Paname), un peu pilier de bistrot (Nez rouge), amoureuse de vieilles pierres (Impasse des deux anges) et des liaisons dangereuses (Un pour deux), un peu bateau lavoir (J'ai le moral à zéro), émigrée russe sur les bords (Serguey), adepte d'Eugène Sue (Le mystère des chaussettes volantes) ou admiratrice de Braque (L'hymne à la belotte), tout sauf se prenant au sérieux (Comédie) et un poil fouteuse de merde (Corrida). Il ne lui manque plus qu'un chose, puisqu'elle réinvente jusqu'au bonnet phrygien, être le buste gouailleur, souriant et plein de vie de Marianne dans tous les établissements publics. On en a bien besoin, On a besoin de toi Pauline !
Pauline Paris (Voix / Guitar)
Raphaël Leroy (Basse / Contrebasse)
Hector Gomez (Batterie / Percussions)
Igor Bessières (Trompette / Bugle)
Silvio Barahona (Trombone)
Fabrice Vigne (Saxophone / Clarinette)
Les photos du concert par Linda D.
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