Marie Espinosa et Jolijo le 3 février 2009 au Réservoir
Soirée comédiens chantants ce soir au Réservoir avec Jolijo en première partie. Jolijo, quel drôle de nom pour quelqu'un dont le nom est Jolivet, est plutôt beau gosse mais qui se prénomme Adrien, pas Joseph ! Petit-fils, fils et neveu de comédien, il l'est aussi, y réussit mais a également une passion non dissimulée pour la musique.
La première chanson "Baiser salé" est en solo guitare-voix en picking, sur mélodie aux couleurs de l'eau du sable et des coraux de la plage où il fût échangé. Ces rythmes aux teintes caribéennes sont d'ailleurs très présents dans le répertoire sans qu'on s'en lasse. Pourtant, "Zozo" qui permet l'arrivée des complices (ils ne pouvaient choisir meilleur moment!) est plus pop, plus enlevé avec une basse: Arthur Camion-Kiener au jeu varié qui fait merveilleusement sonner les harmoniques, un batteur musicien: Thoma Milteau (il a de qui tenir) efficace dans les relances, bien en rythme, qui sait être discret et présent et me semble techniquement perfectible.
La voix d'Adrien est juste, légèrement voilée, avec des accents de JL Aubert sur "Fuzé Psyché", des passages réussis en voix de tête. Les textes sont de sont propre aveu un peu foufou, ce qui vaut mieux que de se prendre au sérieux, les mélodies agréables et originales. L'ensemble est joyeux, décontracté ce qu'il faut, réussi et plein de promesses. Pour les absents du jour, séance de rattrapage le 16 février !
Marie Espinosa est pour moi une totale inconnue puisque je ne vais pas au cinoche et n'ai pas la téloche, et l'installation de la scène me laisse présager une grosse équipe .. Pourtant, c'est une jolie fille seule qui entre en scène et s'installe au clavier pour chanter "Toi de paris" d'une voie douce et expressive sur un rythme à trois temps. Remerciements puis quelques mots auxquels je ne prête pas attention pendant que les musiciens prennent place. Elle prend sa guitare et s'assied sur un tabouret pour "L'annonce" puis s'agite pour "Qu'est-de qui t'a plu" et se rend compte à la fin qu'à force de se poser la question le mec est parti avec sa copine et qu'elle a compris qu'il fallait coucher !
C'est alors que j'ai réalisé que l'attention de mes yeux d'esthète avait supplanté un moment celle de mes oreilles et que ma distraction initiale m'avait fait louper le début de l'histoire qui allait nous accompagner tour au long de son tour de chant. Marie m'a confié qu'elle n'en était pas très satisfaite mais moi j'ai trouvé cela original au contraire et pour une "démarrante" bien mieux que d'autres qui se croient arrivés.
J'ai donc bien aimé la présentation, la diction impeccable, la voix agréable, juste, à peine voilée comme d'un hymen qui ne demande qu'à être déchiré (mais alors il faudra coucher plus que des mots sur le papier). Les mélodies sont jolies avec un petit air de déjà entendu, l'accompagnement efficace, les arrangements de Philippe Uminski (excusez du peu) comme un écrin qui magnifie la présentation d'un bijou. En revanche j'ai été déçu par une fin de concert en quenouille. Plein de bonnes choses donc et plein d'avenir, mais s'il suffisait de deux concerts, fussent-ils au Réservoir pour être en haut de l'affiche, ce serait un pe