Julien Jacob le 4 mai 2010 au Studio de l'Ermitage

Publié le par bruno

Heureusement que j'avais mis la tenue d'hiver car lorsqu'un concert est annoncé à 20h00 (heure figurant sur mon invit) et que l'on consent à ouvrir les portes à 20h20 cela s'appelle de la goujaterie. J'espérais au moins, car il allait encore falloir attendre, calmer mon estomac avec une assiette paysanne mais j'ai dû me contenter de regarder l'affiche.

Vers les 21h00 entre en scène ce que j'ai un moment cru être le fantôme de Cora Vaucaire. Cachée derrière des lunettes fumées, Lou nous gratifie de quelques chansons courtes, aux textes insipides et à la musique inexistante, acclamée par une partie du public qui quittera la salle dès la dernière note. S'ensuit un remballage de plateau qui n'en finit pas et une installation rapide du suivant.

Quand Julien Jacob arrive en scène, il rayonne de sa présence naturelle, de la gentillesse qui l'habite. Au début l'atmosphère est intimiste, mettant en valeur les qualités vocales étranges de Julien, qui permettent de comprendre que Bobby McFerrin l'ai invité à boeuffer avec lui sur scène. Trois registres et trois voix appropriées au sons qu'il délivre. En effet, à part la moitié de "Kelly", titre dédié à sa mère, en français, la langue de Julien est constituée d'émissions vocales étudiées pour chaque note dans le seul but de magnifier la mélodie au service de l'immense poésie qui s'en dégage.

Julien Jacob est accompagné par deux grands musiciens. Yvan Knorst à la guitare est un virtuose du picking, capable de tourner autour d'un accord tout le long d'une chanson, participant grandement au caractère envoutant de la musique, comme de s'exploser dans les riffs. Girbi Hamid est un batteur-percussionniste qui a une précision de toucher et une variété de notes étonnantes qui n'entachent en rien son appui vocal à Julien et qui bat concomitamment et en souriant en 6/8 d'un bras et en 4/4 de l'autre, juxtapose les deux l'instant d'une relance et reprends de plus belle.

Plus le concert avance plus l'ambiance monte. Ce sont d'abord des battements de mains spontanés, puis la participation vocale de la salle à des imprécations, auxquelles chacun peut donner le sens qu'il veut, pour se terminer debout, ravis, comblés, musicalement envoutés, en liesse. A l'image de son dernier album, un concert de Julien Jacob ne manque pas de "sel".


Pour en être informé sans délai des concerts que je recommande et de la mise en ligne de mes chroniques, c'est ici.


Publicité

Publié dans Live Reports

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article