Elle est géniale ma connerie !
Jeudi 21 mai, plutôt que de consulter mon agenda, qui est à jour de mes pérégrinations nocturnes, je regarde mon calepin dans lequel j'ai noté Trois Chapeaux. Me voilà donc parti en métropopolitain, direction Belleville, persuadé de me rendre à un concert du Printemps de Ménilmontant. J'emprunte donc la rue de Belleville, passe sans un regard la place Fréhel et m'enfile quelques dizaines de mètres plus loin la rue Piat. Chemin faisant mes jambes commencent à trouver que cela ressemble à l'ascension de l'Everest sans bouteilles, mais quand tu arrives au belvédère, c'est la récompense, le nirvana. Ici, sans touristes pour te cacher la Tour Eiffel, tu partages avec quelques indigènes le privilège d'avoir les Jardins de Belleville et LA plus belle vue sur Paris à tes pieds.
Presque à regret, je prends le rue de Envierges pour rallier la place Krasucki, le syndicaliste mélomane le plus célèbre du monde et la rue des Cascades et arrive à destination à 8 heure et quelques, juste ce qu'il faut pour diner tranquillement. J'assiste donc aux balances et bien que totalement à jeun, je commence à avoir un doute sur le programme, mais plutôt que de passer pour un con je ferme ma gueule, d'autant qu'ils me saluent respectueusement et semblent honorés de ma présence.
Pendant que je mangeais tranquillement un couscous brochette pas terrib terrib, mes doutes deviennent certitude quand une jolie fille avec un truc dans une housse me dit bonsoir. Aucune gonzesse, aussi appétissante soit-elle, n'était en effet prévue à mon programme ! Je vais donc assister au premier set du Duo Bostan, composé ce soir de trois membres: Mariam Azizi qui chante et joue fort bien du Oud, de Ronan Vilain qui joue de la guitare et un percuman discret dont j'ignore le nom. Ce ne sont pas là des bricoleurs, les composition sont originales, la voix est juste, claire, planante et le jeux de chacun éprouvé, à preuve l'interprétation d'un instrumental remarquable. Je m'en vais donc payer le coeur léger, sinon encore le portefeuille et n'aie plus qu'à revenir samedi pour Yo Enko et Tomislav.
Je reprends mon chemin en sens inverse, non sans m'arrêter un instant au belvédère pour voir Paris à la nuit tombante et en repassant devant la place Fréhel remarque alors que la terrasse du bistrot dont l'enseigne "CULTURE RAPIDE cabaret populaire" m'interpelle est vide, ce qu'y m'incite à entrer pour voir. A l'intérieur, ce soir, un bluesman s'accompagne d'un objet rare: une guitare en acier,. Le jeudi c'est en effet Jam de Blues acoustique, mais il y a plein d'autres évènements et même une voyante qui te prédit l'avenir dans les bulles de champagne. Putain qu'elle est belle la vie entre Parisiens dans les villages de Paris !
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