Découverte du Belushi's avec Fabien Légeron, Brain Sucker et A Riot in Heaven le 11 avril 2009
Tout est bien qui finit bien. J'étais furieux contre A Riot in Heaven de n'avoir rien trouvé de mieux que de déserter Londres pour un concert unique à Paris le jour où je ne pouvais pas me permettre de faire faux bond aux Blaireaux et pensais devoir me contenter d'aller leur faire la bise after show. Ce fut ma chance car cela m'a permis de découvrir que le leader de Brain Sucker qui jouait le même soir n'était autre que mon copain Mathias aka Joe Ducon, guitariste mythique du non moins mythique groupe de punk-thérapie Mushrooms et qu'ils allaient rejouer ensemble le samedi suivant au Belushi's.Voilà donc l'occasion de découvrir d'abord ce lieu, où certains m'annonçaient depuis quelques temps leur passage. En quasi surplomb du canal de l'Ourcq, loin des établissements plus ou moins sordides, sans caractère ou carrément crasseux d'Oberkampf, de la Bastoche, des Halles ou du Quartier Latin, on se croirait à Venise ou à Bruges. Ouvert depuis un an, le service est rôdé et l'accueil par une brigade de minettes au délicieux accent oxfordien est charmant (quand les Anglaises sont bien foutues, elles ne le sont pas à moitié!). Vaste salle (150 places assises), compartimentée de sorte qu'elle reste intime, en rez de chaussée où l'on boit et se restaure à des prix très corrects sans être dérangé par le son mais en pouvant visualiser les matchs diffusés en direct et en sous-sol une salle de concert de 120 places avec une vraie scène, un bar et une sono à laquelle je n'ai rien à redire, ce qui n'est pas rien!
La soirée débute par une projection de (très) court-métrages de Fabien Légeron que mon inculture cinématographique m'interdit de commenter, mais semble avoir bien plu à certains (clap, clap).D'après ce qu'il dit, "il fait des bouts de films, des plink-plonk vaguement musicaux, de la production, des captations, de la direction artistique, du script doctoring, bientôt du trampoline, écrit de temps à autres des articles sur iletaitunefoislecinema.com,des photographies avec des gens dessus, ainsi que des danses lascives qui en ont fait la coqueluche du tout Macao."
Chimères avaient inventé la batteuse virtuelle (ah, je la regrette cette Nina!), le batteur de Shaka Ponk livre un battle épique à un batteur tout aussi virtuel et comme tu l'imagines ces vues sont projetées derrière les humanoïdes qui se produisent en scène. Rien de tel avec Brain Sucker qui, par un procédé (merveille de la technique préhistorique revisitée XXI siècle) que je ne dévoilerai pas, projette des images sur les musiciens eux-mêmes.Ceci donne un côté étrange à l'écoute de l'étrange musique de ce tout nouveau groupe (le concert de ce soir est leur deuxième) que je suis achtement fier de te présenter et dont on n'a surement pas fini de parler. Etrange musique que ces enchainements harmoniques, entrecoupés d'un riff de ci de là, où les instruments et les machines se fondent en un ensemble planant, envoutant. Etrange musique, tantôt éthérée comme des volutes de parfum tantôt tantôt saturant sans excès les guitares de sorte que tu passes de l'une à l'autre sans autre transition qu'une relance de batterie, au rôle prééminent, pour t'en rendre compte. Musique d'ambiance, musique de film, musique de rêve . . . tu n'as qu'à te laisser porter par elle. Plein de bonnes choses attendues que je te dévoilerai en leur temps
Entre Londres, Paris (aujourd'hui) et l’océan indien, les Anglo-Franco-Mauriciens de A Riot in Heaven nous ramènent à un rock plus traditionnel, encore que . . . Une quinzaine d'années ensemble leur a permis de développer in répertoire parfaitement rodé et un "Island Rock Sound" qui leur est propre.Avec eux, les guitares saturent à souhait avec un son froid qui n'exclut pas les envolées lyriques et la voix de Paco s'enfonce en toi comme une entêtante interrogation sur la vie, le monde, l'humanité. Le réalisme de leur description de la condition humaine contient en germe l'espoir, la foi que tout est possible, que tout peut être meilleur. Un rock lourd, puissant, noir, incantatoire dans un univers électrique, désabusé, radieux et onirique. On ne se lasse pas de "Weekend on Proxima", mais après dix ans d'écoute en boucle, on attend quand même avec impatience leur prochain album "People".
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