Aldona et Ivan Tirtiaux le 12 février 2010 au Satellit Café

Publié le par bruno

 Il aura fallu que Le Satellit les programme en même temps pour que je découvre ces deux là dont les noms me sont connus de puis des années. Arrivé dans le quartier en avance, au 63 rue Oberkampf, je tente Asian Wok où j'ai mangé un Loc Lac (puisque la tendance cuisinière du lieu est Thaï) excellent. Attention, à 20h30 ils refusaient du monde, il vaut donc mieux réserver (01.43.57.63.24) et être à l'heure, car l'accueil ne s'embarrasse pas de scrupules.

C'est donc le ventre joyeux que je me rends au Satellit faire ma bise à la toujours souriante Sandrine et découvrir Ivan Tirtiaux guitare-voix, soutenu par Raphael Dumas à la mandoline. je crois me souvenir que c'est Emel, l'ex programmatrice géniale du Sentier des Halles, qui m'en avait parlé.

D'un long séjour au Brésil il a ramené une aisance certaine dans le maniement des rythmes ternaires qui balancent comme un esquif sur un léger clapot. D"ailleurs, il qualifie lui-même son style de chanson latino-belge, un style ou les mélodies sont au service des textes français et concourent à en révéler les messages. La voix se fait volontiers discrète pour ne pas rompre l'harmonie.

Je me souviens en revanche fort bien depuis quand mon attention a été attirée sur Aldona, c'était en 2006 lorsqu'elle a remporté le Grand Zebroc. Cette Polonaise est une boulimique de l'art au baggage impressionnant qui, évadée musicalement de son natal pays  sillonne l'Europe du Nord au Sud et d'Est en Ouest, vecteur incorrigible et consciente de la maladie du bonheur.
 
Pendant l'installation, je note un nombre impressionnant d'instruments et autres zigouigouis qui seront tous mis à contribution, ne serait-ce que six notes comme le sopranino. Les musiciens jouent avec un plaisir non déguisé et ne sauraient être distingués les uns des autres, si ce n'est le rôle essentiel de la contrebasse. Aldona sans Stephen Harrison, aux allures de bootlegger, ce serait un peu comme Brassens sans Pierre Nicolas.

Entre douceur et violence, tendresse et révolte, murmures d'un ru et cris de rieuse, miaulements et rugissements, Aldona ne te laisse à aucun moment indifférent, ne t'accorde pas un moment de répits, t'entraine dans son tourbillon de folie partagée jusqu'à te laisser enfin partir à regret. Les bonnes choses ont malheureusement une fin.

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Publié dans Live Reports

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