Madjo, ZuzooM et The Hub à La Cigale le 20 mai 2010
C'est à une sorte de soirée à l'ancienne qu'Ephélide m'a convié ce soir, avec un premier artiste (pour laisser aux retardataires le temps d'arriver), une vedette américaine (comme lorsque les Beatles se faisaient siffler en première partie de Sylvie Vartan à l'Olympia) et une vedette.
The Hub, dont je t'avais annoncé en son temps l'album "A Sleepless Night" chez BTR est en solo assis, chapeau, voix, Guitare, talon de santiag. Rien d'étonnant que dans ces conditions il nous délivre un blues pur et dur, plus champêtre qu'urbain, avec moult effets de slide. Très entrainant et communicatif, c'est le client idéal pour chauffer la salle, mais c'est tout de même avec un certain étonnement que sur la fin j'entends une grosse poignée de filles reprendre les riffs avec lui.
L'accès au Balcon, jusque là interdit, est alors ouvert en même temps que celui de la salle aux retardataires qui s'engouffrent. Belle manoeuvre qui permet d'avoir, puis de garder la fosse pleine ! ZuzooM peut commencer. Un nom improbable pour une musique tout aussi improbable. Trois voix: deux chanteurs et un beat boxer, ne négligeant pas pour autant l'usage d'instruments acoustiques, délivrant une musique inclassable faite de soul, de hip hop, de groove mélangés avec bonheur pour un résultat qui ne laisse ni les oreilles ni le corps indifférents. Belle performance vocale messieurs !
J'avais découvert Madjo, en voix guitare, en avril 2006 au Réservoir grâce à Yvan Taïeb. Je n'avais ensuite pas résisté à te recommander sa vidéo, que j'avais trouvée belle et créative à côté de toutes les fadaises qu'on nous balance. Après tant de premières parties auxquelles je n'ai pas assisté, je la retrouve ce soir en vedette.D'entrée, elle surprend en interprétant un premier titre (inédit je crois) sans guitare, qui permet de mettre tout de suite en valeur ses "oiseaux": Claire, choriste, Joro et Juju les deux compères de ZuzooM, Dans cette configuration, on est loin des orchestrations de l'album, où Madjo à tout enregistré elle-même et l'on devine, avant qu'elle ne nous le confesse, une certaine appréhension.
L'accueil est au début mitigé. On sent le public un peu dérouté, mais cela ne va pas durer. Le sourire de Madjo, la qualité de ses accompagnateurs et le bel enthousiasme de l'ensemble ont tôt fait de convaincre Pour ma part je suis sous le charme de la variété des thèmes, des genres et des interprétations en même temps que frustré par ce je ne sais quoi qui manquerait.
Et tout d'un coup je comprends. Madjo se lâche avec un très long riff à la guitare d'une sonorité magnifique et tandis que Claire et Juju rivalisent aux percussions elle termine sur une danse tribale en guise de coda. Cette fois, c'est du délire et je me sauve sur cette impression merveilleuse d'avoir entendu ce que j'attendais. Madjo, quel que soit le niveau qu'elle ait déjà atteint, reste en devenir et ça promet des lendemains lumineux.
Les photos du concert par NotSoBlonde
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