Le premier concert d'Habib Faye le 14 mars 2012 au New Morning et sortie de l'album H2O
Un premier concert au New Morning, c'est gonflé penseras-tu. Et pourtant, la salle est pleine car, pour qui se donne la peine de se renseigner un tant soit peu, Habib Faye est loin d'être un inconnu. C'est au contraire un des bassistes les plus recherchés, sinon le bassiste le plus demandé, dans le petit monde des têtes d'affiche internationales.A l'origine de la plupart des musiques de Youssoun N'dour et son bassiste attitré depuis plus de vingt ans, il a aussi accompagné régulièrement Manu Katché, Joe Zawinul, Paco Sery, Tracy Chapman, Peter Gabriel, Sting, Bruce Springsteen, Gilberto Gil, Mark Knopfler, Branford Marsalis, Manu Dibango, Angélique Kidjo etc.
A 21h00, un guitariste prend place sur scène, qui nous délivre en amuse-oreilles quelques bossas et autres airs brésiliens. Je m'apercevrai bientôt qu'il n'est autre que le guitariste du quintet d'Habib. Son rôde n'est pas de briller mais de permettre à chacun de trouver la place qui lui convient et s'acquitte fort bien de son rôle.
Pratiquement sans transition, tous les instruments étant déjà sur scène, Habib Faye attaque seul et l'on remarque tout de suite l"énorme manche de sa basse à six cordes, dont il joue comme d’une guitare, tandis que ces musiciens, Carlos Gbaguidi à la batterie, Lionel Fortin aux claviers, Ademir Candido à la guitare et Moustapha Cissé aux percussions viennent progressivement se joindre à lui pour jouer “fii tchi Adouna”. Douceur de la voix, changements de rythmes stupéfiants, solo joué et chanté à la fois à la manière de Slam Stewart, l’univers que nous dévoile Habib est alléchant pour la suite.
Plus tard, il introduira seul à la guitare “Mister Padiel”, puis “Njeggel”une magnifique ballade à laquelle participe la belle et talentueuse choriste Kali. Plus tard, chaque musicien aura l’occasion de s’exprimer dans des soli intéressants. Sur fond de rythmique jazz, la tonalité est afro-cubaine, voire andalouse avec “Djiko”. Avec “H2o” on est au coeur de la soul music qui va accompagner la suite du concert avant que l’on ne finisse en feu d’artifice avec “Rackhoumome”, qui sera bissé, comme au carnaval de Rio.
Si Sony Rollins a été surnommé le colosse du saxophone, Habib Faye est incontestablement celui de la basse. Par sa stature certes mais surtout par l'élévation qu'il fait de cet instrument réputé rythmique et d'accompagnement au rang d'instrument soliste à part entière.

A retrouver sans faute le 17 mai au Petit Bain
dans le cadre de l'Afrique dans tous les Sens
Les photos du concert par Linda D.