Alexis HK + Liz Cherhal le 25 mars 2009 au Café de la Danse

Publié le par bruni

 

Voici des mois que je n'étais venu en ce lieu sympathique où l'on t'accueille toujours aimablement et où les concerts commencent toujours à l'heure (sauf aujourd'hui à quelques minutes près pour me faire mentir). Je découvre la salle post travaux et suis impatient de tester la sono qui n'étais pas toujours été à la hauteur de la qualité des spectacles présentés, résultat: instruments parfait, voix parfait sans instruments mais avec ceux-ci la qualité micro reste altérée et c'est dommage. Une chose qui ne se produit pas en formule guitare-voix qui m'avait permis d'entendre avec délectation Alexis HK et d'autres à "Ouvrez les guillements . . .

Liz Cherhal, un patronyme qui te dit quelque chose certes, mais quand tu la regardes tu ne peux pas ne pas remarquer la ressemblance. Vérification faite auprès de l'état civil, c'est bien la soeur cadette de Jeanne, encore que Liz te rétorquerait "pas du tout, c'est Jeanne qui est mon ainée" car pour elle la façon dont on dit les choses est aussi importante que l'air sur lequel on les chante: « Une mélodie à deux balles, c’est deux chances de vous en coller une dans la tête ».

S'accompagnant tantôt à l'accordéon dont elle joue joliment, tantôt à la guitare électrique qu'elle gratouille agréablement, avec Liz les mots s'entrechoque comme des billes, virevoltent comme des plumes au vent, te reviennent en pleine figure comme des boomerangs pour te rappeler à la dure réalité dont elle se moque avec effronterie. Plus fort que Beaumarchais, elle te fait rire de ce qui est dramatique et pleurer de ce qui est joyeux sans oublier une pincée de tendresse. Sa façon de chanter et de s'exprimer entre les chansons (sa présentation du parallélépipède rectangle qu'est l'acordeon est un morceau d'antologie que n'aurait pas renié Pierre Dac) me rappelle Emilie Loizeau, celle de la grande époque de Balthazar avant que, prise par le démon de vouloir surfer sur la vague populaire, elle ne se soit mise à faire de la soupe. Tiens bon Liz!

Le temps d'un changement de scène à vue et d'éteindre les lumières pour l'entrée de Mathieu Ballet (l'homme que tu vois à droite sur la pochette) qui se charge de l'intro au claviers et autres zigouigoui, comme il s'est chargé des arrangements et de la réalisation de l'album "Les Affranchis" que l'on va découvrir avant sa sortie imminente dans les bacs mais téléchargeable dès maintenant.

Simon Mary, en tous points remarquable à la contrebasse comme à la basse électrique, Hibu qui frappe sur sa caisse claire comme un bucheron et va me gâcher le concert puis un souffleur de cuivres, dont je n'ai malheureusement pas retenu le nom, qui nous a gratifié d'interventions aux timbres d'une exceptionnelle limpidité et enfin Monsieur Djoshkounian, alias Alexis HK dont le patronyme, tout comme Aznavourian, évoque en moi la douce odeur du papier d'Arménie que mon arrière grand-mère brulait pour chasser les odeurs du tabagisme passif dont j'étais, déjà, la victime à 10 ans.

"Les Affranchis", qui a donné son nom à l'album, est une chanson qui en donne aussi le ton aux accents folk et celtique, aux textes faussement désabusés qui racontent son histoire ou la tienne, on ne sait jamais. L'histoire du lapin bleu et de l'hippopotame rose en duo a capella aves Liz a été une pure merveille de synchronisation et une belle réussite dans l'obtention des résonnances harmoniques entre leurs voix, comme si c'était tout simple de chanter en même temps le même texte sur deux airs différents pour n'obtenir qu'un seul son, pleins de couleurs chatoyantes.

La salle, plus que comble, est acquise et pas prête à se vider sans entendre quelques morceaux de bravoure. On ne se quittera donc pas avant d'avoir entendu "C'que t'es belle", mais cette fois, c'est fini, sur cette dernière hallucination vineuse.

Les photos du concert par Linda D.

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Publié dans Live Reports

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